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Avant Wegovy ou Mounjaro, quelle prise de sang faut-il prévoir ?

Une prise de sang est-elle obligatoire avant la première injection ?

Il n’existe pas une prise de sang identique pour toutes les personnes avant Wegovy ou Mounjaro. La Haute Autorité de santé prévoit un bilan biologique et des examens complémentaires ciblés selon les signes cliniques, notamment lorsque l’indice de masse corporelle, ou IMC, atteint 30 kg/m²1.

Cela signifie qu’une analyse peut être demandée avant la prescription, mais que son contenu dépend de votre situation. Le bilan ne consiste pas à cocher systématiquement une longue liste de dosages1.

La prise de sang n’est pas non plus le seul élément qui détermine le début du traitement. Wegovy et Mounjaro sont des traitements de seconde intention, après l’échec d’une prise en charge nutritionnelle globale conduite pendant au moins six mois4.

Que vérifie le médecin avant de prescrire Wegovy ou Mounjaro ?

Le bilan vérifie d’abord si le médicament correspond à l’indication prévue et recherche les maladies associées au poids. Il ne repose donc pas uniquement sur les résultats d’une prise de sang4.

L’autorisation de mise sur le marché permet la prescription chez un adulte ayant un IMC d’au moins 30 kg/m². Elle la permet aussi entre 27 et 30 kg/m² lorsqu’il existe au moins une maladie associée, par exemple un diabète, une hypertension artérielle, une anomalie des graisses sanguines, une maladie cardiovasculaire ou une apnée du sommeil4.

L’histoire de la prise en charge compte également. Ces médicaments interviennent après au moins six mois de prise en charge alimentaire et comportementale, associée à une activité physique adaptée et à la lutte contre la sédentarité, lorsque cette démarche n’a pas suffisamment fonctionné4.

Quelles analyses peuvent être demandées dans le bilan de départ ?

La glycémie à jeun et le bilan des graisses sanguines font partie des analyses présentées par la HAS dans l’évaluation du surpoids et de l’obésité. Elles recherchent des anomalies qui peuvent être associées au poids1.

  • La glycémie à jeun mesure le taux de sucre dans le sang après une période sans manger1.
  • Le bilan lipidique mesure les principales graisses du sang : cholestérol total, LDL-cholestérol, HDL-cholestérol et triglycérides1.

Ces résultats peuvent mettre en évidence un diabète ou une anomalie des graisses, qui font partie des maladies associées prises en compte dans l’indication de ces traitements4.

Les vitamines et les minéraux ne sont pas dosés systématiquement chez une personne en situation d’obésité. En dehors d’une chirurgie bariatrique, d’une perte de poids massive ou de symptômes faisant penser à une carence, la HAS ne retient pas d’indication à rechercher systématiquement le fer, le zinc ou les vitamines B1, B12, C, D, A, E et K1.

Quels examens supplémentaires dépendent de votre santé et de vos traitements ?

Des analyses supplémentaires peuvent être ajoutées lorsqu’un symptôme ou un risque particulier le justifie. Elles ne sont pas automatiquement nécessaires pour chaque prescription1, 5, 6.

En présence de symptômes évocateurs d’une hypothyroïdie, c’est-à-dire d’un fonctionnement insuffisant de la thyroïde, la HAS recommande de doser d’abord la TSH. Cette hormone sert à évaluer la commande de la thyroïde5.

Le dosage de la T3 libre n’a pas démontré sa pertinence pour le diagnostic initial d’une hypothyroïdie. La TSH peut par ailleurs augmenter avec l’âge et en cas de surcharge pondérale, ce qui doit être pris en compte dans son interprétation5.

Chez une personne exposée à un risque de maladie rénale chronique, le bilan comprend un dosage sanguin de la créatinine et un rapport albuminurie-créatininurie. Ce second examen recherche de l’albumine, une protéine, dans les urines et la rapporte à la créatinine urinaire6.

Une anomalie dans les résultats empêche-t-elle de commencer ?

Non, une anomalie biologique n’empêche pas automatiquement de commencer. Sa conséquence dépend de sa nature et du médicament envisagé2, 3.

Pour Wegovy, aucune adaptation de dose n’est nécessaire en cas d’insuffisance rénale légère ou modérée. En revanche, le sémaglutide n’est pas recommandé lorsque l’insuffisance rénale est sévère, avec un débit de filtration glomérulaire estimé inférieur à 30 ml/min/1,73 m², ni au stade terminal2.

Pour Mounjaro, aucune adaptation de dose n’est requise en cas d’insuffisance rénale, y compris au stade terminal3.

Une hausse isolée des enzymes pancréatiques ne permet pas, à elle seule et sans autre signe ou symptôme, de prévoir une pancréatite aiguë, c’est-à-dire une inflammation soudaine du pancréas2, 3.

Quels effets indésirables et contre-indications faut-il connaître ?

Les effets indésirables les plus fréquents sont digestifs. Le bilan initial sert aussi à replacer ces risques dans votre état de santé, notamment lorsque la fonction rénale doit être surveillée2, 3, 4, 6.

Avec Wegovy, les troubles les plus souvent signalés comprennent les nausées, la diarrhée, la constipation, les douleurs abdominales et les vomissements. Avec Mounjaro, les effets les plus fréquents sont également digestifs et principalement d’intensité légère à modérée2, 3.

Les nausées, vomissements ou diarrhées peuvent provoquer une déshydratation. Avec le tirzépatide, cette perte d’eau peut détériorer la fonction rénale et aller jusqu’à une insuffisance rénale aiguë3, 4.

Une allergie au sémaglutide, au tirzépatide ou à l’un des autres composants du médicament constitue une contre-indication au produit concerné2, 3.

Le sémaglutide ne doit pas être utilisé pendant la grossesse. Le tirzépatide n’est pas recommandé pendant la grossesse ni chez une femme en âge de procréer qui n’utilise pas de contraception2, 3.

Faut-il refaire une prise de sang pendant le traitement ?

La fréquence des prises de sang dépend des résultats de départ et des risques déjà repérés. Tous les dosages ne sont pas répétés au même rythme1, 6.

Lorsque la glycémie à jeun est normale, la HAS prévoit de répéter le dépistage après un intervalle minimal de trois ans. Il peut être renouvelé plus tôt en cas de symptômes ou de prise de poids, et chaque année en présence d’un prédiabète1.

Si le bilan lipidique est normal, le dépistage est également répété au minimum tous les trois ans. Un résultat anormal conduit à un rythme plus rapproché1.

Chez les personnes exposées à un risque de maladie rénale chronique, un suivi annuel comprend la créatinine sanguine ainsi que le rapport albuminurie-créatininurie6.

Sources

Centre de l'Obésité et de la Nutrition, La Seyne-sur-Mer. Téléphone : 04 94 92 34 42. Rendez-vous en ligne sur Doctolib.

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