Le Mounjaro® (tirzépatide) est un médicament injectable développé par Eli Lilly, indiqué dans le traitement du diabète de type 2 et la prise en charge de l’obésité chez l’adulte.
1. Situation actuelle : pas encore remboursé
À ce jour (fin 2025), le Mounjaro n’est pas remboursé par l’Assurance maladie en France, que ce soit dans son indication diabète ou dans l’indication obésité. Il est commercialisé depuis novembre 2024 à un prix fixé librement par le laboratoire, ce qui signifie que le coût du traitement reste entièrement à la charge du patient, sauf couverture éventuelle par une assurance complémentaire.
Les prix observés en pharmacie pour une boîte de 4 injections (1 mois) varient généralement entre 200 € et 440 € selon les dosages.
2. Avis de la Haute Autorité de Santé (HAS) : une étape décisive
La Haute Autorité de santé (HAS) a déjà émis un avis favorable à l’évaluation du Mounjaro pour un remboursement, notamment dans l’obésité sévère. Dès septembre 2024, la HAS avait rendu un premier avis favorable à la prise en charge du tirzépatide dans l’obésité, sous conditions strictes.
Plus récemment, le 9 décembre 2025, la HAS a confirmé cet avis favorable après réévaluation du dossier avec des données plus récentes issues d’études cliniques. Cet avis réaffirmé précise que :
Le remboursement serait réservé aux adultes avec obésité sévère (IMC ≥ 35 kg/m²) après un échec d’une prise en charge nutritionnelle bien conduite, complétée par un régime hypocalorique et une augmentation de l’activité physique.
Le Mounjaro doit être utilisé en deuxième intention, lorsque les mesures hygiénodiététiques seules n’ont pas permis une perte de poids suffisante.
La prescription initiale peut être réalisée par tout médecin compétent, dans le respect des indications, avec un suivi régulier.
Cette validation par la HAS repose sur des données démontrant un intérêt clinique pour des patients obèses avec comorbidités (apnée du sommeil, pré-diabète, insuffisance cardiaque), mais elle nécessite encore des preuves complémentaires sur les bénéfices cardiovasculaires à long terme.
3. Négociations de prix et rôle du CEPS
Un avis favorable de la HAS ne suffit pas à garantir le remboursement immédiat. Avant qu’un médicament soit inscrit sur la liste des spécialités remboursables par l’Assurance maladie, il doit faire l’objet de négociations de prix avec le Comité économique des produits de santé (CEPS).
Pour le Mounjaro, ces négociations tarifaires sont attendues pour 2026, une fois que la HAS a rendu son avis final et après la fixation d’une amélioration du service médical rendu (ASMR) qui influe directement sur le niveau de remboursement et le prix négocié.
4. Critères d’accès probables
Même après l’accord de prix, le remboursement ne sera pas universel. Les critères d’accès anticipés comprennent :
IMC ≥ 35 kg/m² avec au moins une comorbidité liée au poids.
Échec d’une prise en charge nutritionnelle et comportementale structurée (perte de < 5 % après 6 mois).
Association obligatoire du traitement avec un régime hypocalorique et une activité physique adaptée.
Ces conditions indiquent une stratégie thérapeutique intégrée et multidisciplinaire, en cohérence avec les recommandations actuelles pour la prise en charge de l’obésité.
5. Perspectives : quand le remboursement sera-t-il effectif ?
À l’heure actuelle, il n’y a pas de date officielle publiée pour le remboursement effectif du Mounjaro en France. Les spécialistes s’accordent cependant à penser que :
Les négociations de prix avec le CEPS pourraient se dérouler dans les mois à venir en 2026, après la confirmation de l’avis favorable de la HAS.
Une fois le prix fixé et les conditions publiées, l’inscription sur la liste des médicaments remboursables pourrait intervenir au second semestre 2026, sous réserve de validation administrative finale.
Cette anticipation repose sur les étapes habituelles de prise en charge des médicaments innovants en France, qui nécessitent plusieurs mois entre l’avis de transparence, les négociations de prix et l’arrêté de remboursement final.
6. Conclusion
Le Mounjaro représente une avancée majeure dans la prise en charge médicamenteuse de l’obésité sévère grâce à son efficacité démontrée en perte de poids et au contrôle métabolique. Même si le remboursement n’est pas encore effectif en France, l’avis favorable confirmé par la HAS en décembre 2025 constitue un tournant décisif. Les autorités de santé et les négociations tarifaires attendues en 2026 laissent entrevoir une prise en charge par l’Assurance maladie dans un cadre strictement défini, axé sur les patients obèses qui n’ont pas répondu aux traitements standards.