L’obésité ne peut plus être définie uniquement par un chiffre sur la balance.
En 2024, une commission internationale d’experts a publié dans The Lancet une nouvelle définition de l’obésité, marquant un tournant majeur dans la compréhension médicale de cette maladie chronique.
Pendant des décennies, l’obésité a été définie presque exclusivement par l’IMC (indice de masse corporelle), avec un seuil ≥ 30 kg/m².
Or, cette approche présente plusieurs limites :
l’IMC ne distingue pas la masse grasse de la masse musculaire
il ne renseigne pas sur la répartition de la graisse
il ne reflète pas l’impact réel sur la santé
des patients avec le même IMC peuvent avoir des risques très différents
Selon la publication, l’obésité est définie comme :
Une maladie chronique caractérisée par un excès de tissu adipeux entraînant une altération mesurable de la fonction des organes et une augmentation du risque de complications médicales.
Le point central n’est plus uniquement la quantité de poids, mais l’impact du tissu adipeux sur l’organisme.
Il s’agit d’un excès de masse grasse sans atteinte fonctionnelle identifiable, mais avec un risque élevé de complications futures.
Caractéristiques :
IMC élevé ou tour de taille augmenté
absence de maladie liée directement à l’obésité
terrain à risque nécessitant prévention et suivi
Cette phase est réversible, notamment par des mesures nutritionnelles, comportementales ou médicales.
L’obésité est dite clinique lorsqu’elle entraîne des conséquences médicales objectivables, telles que :
diabète de type 2
hypertension artérielle
syndrome d’apnée du sommeil
stéatose hépatique
douleurs articulaires
reflux gastro-œsophagien
altération de la qualité de vie
Dans ce cas, l’obésité est reconnue comme une maladie chronique à part entière, nécessitant une prise en charge médicale structurée.
L’IMC n’est pas abandonné, mais il n’est plus suffisant à lui seul.
La nouvelle approche recommande de l’associer à :
le tour de taille
la composition corporelle
l’évaluation des complications
l’impact fonctionnel et métabolique
L’IMC devient un outil de dépistage, et non un critère diagnostique unique.
Cette évolution est majeure :
elle reconnaît l’obésité comme une maladie chronique, multifactorielle
elle limite la culpabilisation des patients
elle permet une prise en charge plus personnalisée
elle justifie un accès plus cohérent aux traitements médicaux, endoscopiques ou chirurgicaux
En pratique, le traitement n’est plus basé uniquement sur le poids, mais sur le bénéfice médical attendu.
Cette nouvelle définition soutient :
une meilleure reconnaissance médicale de l’obésité
une orientation plus précoce vers des soins spécialisés
une approche graduée : nutritionnelle, médicale, endoscopique, chirurgicale
une individualisation des stratégies thérapeutiques
Elle pourrait, à terme, influencer :
les recommandations officielles
les critères d’accès aux traitements
la reconnaissance administrative et sociale de la maladie
L’obésité ne se résume plus à un IMC
Elle est définie par l’impact du tissu adipeux sur la santé
Deux formes sont distinguées : préclinique et clinique
Cette nouvelle définition améliore la compréhension, la prévention et la prise en charge.