Le Mounjaro® (tirzépatide) représente une avancée thérapeutique remarquable dans la prise en charge de l’obésité et du diabète de type 2 grâce à son double mécanisme d’action sur les récepteurs GLP-1 et GIP, qui permet une réduction significative de l’appétit et une perte de poids importante chez les patients traités. Pourtant, malgré son efficacité, ce traitement n’est pas remboursé par l’Assurance maladie en France, et il est peu probable que cela change radicalement dans sa forme actuelle.
Avant d’être remboursé, un médicament doit obtenir une évaluation positive de la Haute Autorité de Santé (HAS) sur deux critères essentiels : le Service Médical Rendu (SMR) et l’Amélioration du Service Médical Rendu (ASMR) par rapport aux traitements déjà disponibles. La HAS a reconnu un bénéfice clinique pour le Mounjaro, mais cet avantage reste jugé modéré (ASMR de niveau 4). Ce niveau ne suffit pas à justifier une prise en charge généralisée par l’Assurance maladie sans conditions très strictes.
Même après une évaluation favorable de la HAS, le remboursement exige une négociation de prix avec le Comité économique des produits de santé (CEPS). Ces discussions sont indispensables pour fixer un tarif et un taux de remboursement compatibles avec les contraintes budgétaires du système de santé français. Tant que ces négociations ne sont pas conclues, le médicament reste vendu au prix libre en pharmacie, entièrement à la charge du patient ou éventuellement partiellement couvert par une assurance complémentaire.
Même si une inscription au remboursement devait intervenir, elle serait limitée à des situations très ciblées : patients avec obésité sévère (IMC ≥ 35 kg/m²), présence de comorbidités liées au poids, échec d’une prise en charge nutritionnelle bien conduite, et accompagnement multidisciplinaire obligatoire. Ces critères reflètent l’approche globale de l’obésité, centrée sur l’alliance d’un traitement médicamenteux avec une prise en charge nutritionnelle, comportementale et une augmentation de l’activité physique adaptée.
Le prix du Mounjaro reste élevé (souvent entre 200 € et 450 € par mois selon les dosages), ce qui limite fortement son accessibilité si aucun remboursement n’est accordé. Cette situation crée une barrière économique importante pour de nombreux patients, renforçant ainsi les inégalités d’accès à ce traitement innovant.
Les autorités sanitaires continuent d’attendre des données plus robustes sur les bénéfices cardiovasculaires et métaboliques à long terme du tirzépatide comparés aux autres thérapeutiques disponibles. Sans preuves plus solides sur ces bénéfices étendus, il est difficile pour le système de santé d’intégrer ce médicament dans une politique de remboursement plus large.
Conclusion
Pour les patients qui en bénéficient, l’accompagnement pluridisciplinaire reste la pierre angulaire d’une prise en charge durable et efficace de l’obésité.