L’approche de la psychologie dans les parcours de soins de chirurgie bariatrique constitue un pôle essentiel à la bonne compréhension de sa démarche.
Son histoire :
Le psychologue aborde avec le patient son histoire de vie afin de comprendre l’histoire du corps. Bien souvent associé aux émotions, la façon de s’alimenter subit des variations qui ont des impacts multiples sur le corps.
L’histoire du patient est vouée aux interprétations du patient lui-même. Parfois conscient de son parcours de vie parfois en recherche de compréhension des influences et des comportements.
Le rapport à soi, l’image et à la nourriture est indispensable à connaître afin de pouvoir agir sur les mécanismes déviants ancrés depuis parfois fort longtemps.
Le psychologue commence par aborder l’intention du patient. Par qui ou pour qui est-il là ? Pourquoi pense-t-il que la perte de poids est nécessaire (conscience) ? Qu’a-t-il compris de l’approche médicale ? et sait-il que l’intervention n’est que le début et non l’aboutissement de ses objectifs ?
Conscience de soi :
Il est important que le patient comprenne comment son corps fonctionne avec le surpoids afin de mettre et de garder du sens dans l’ensemble de sa démarche. Que ce soit sur le plan diététique ou psychologique.
Aussi le retour des différents examens médicaux peut être abordé si nécessaire, dans le cas où ceux-ci génèreraient un stress supplémentaire au patient.
Et de l’autre :
Nous mettons également en évidence l’impact que la démarche aura sur les proches aujourd’hui et après la perte de poids. Le rythme de vie et l’image de soi permettent de nouvelles perspectives auxquelles certains proches ne sont pas toujours préparés.
Une bonne communication est indispensable à la réalisation de n’importe quel projet. L’ensemble des questions et des informations nécessaires au proche doivent être prises en compte.
Objectifs :
Une partie des objectifs est visible, l’autre se découvrira au fur et à mesure que le corps et l’esprit évolueront.
Le patient réalisera ce que le corps et l’esprit ont compensé pour subvenir aux besoins actuels et ce qui évoluera lors de la perte de poids.
Pour cela il doit prendre conscience de l’ensemble de son fonctionnement et notamment ce que signifie manger pour lui !
Manger ?
Le rapport à l’alimentation sera abordé de différentes façons. Il y a celle qui correspondra à un soin diététique et celle qui correspond aux émotions.
Un état de stress, un changement de vie, un deuil, un choc, un traumatisme... tout autant de situations qui génèrent des réactions en chaine.
D’ailleurs lorsque l’on demande aux patients d’évoquer ses variations de poids il l’associe tout naturellement à ses étapes de vie.
On essaie progressivement, au fur et à mesure des séances de comprendre ce que le patient peut se proposer comme stratégies le ressourçant suffisamment pour compléter l’apport de la nourriture face à une émotion trop intense (ou répétitive).
Et après ?
Ce travail se poursuit après l’opération tout au long du suivi post opératoire qui constitue une source d’information objective et actuelle permettant au patient de mettre à l’épreuve ses nouvelles stratégies et connaissances de soi.
L’image de soi :
L’image du corps est également un sujet important. Ce que ressent le patient face à soi-même est bien souvent un frein à ce qu’il renvoie à l’autre. L’image de soi est l’idée de ce que chacun d’entre nous ce fait de son identité physique (apparence) et psychologique.
Lorsqu’elle est en lien avec l’identité physique, elle est assimilée à l’image que nous renvoie notre corps, et à l’interprétation qu’on en fait.
Il y a tout une démarche qui consiste à accepter son corps afin de l’autoriser à changer. Il faut savoir de quelles références on part pour pouvoir percevoir l’évolution de façon cohérente. Sinon le risque de ne pas reconnaitre son reflet ou de se « voir » toujours hors norme persiste et parasite le chemin vers un bon équilibre émotionnel et un épanouissement longtemps attendu !